PILOTAGE

Fanny au baby-foot ? Atterrissages durs à venir !

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Lorsque j’ai fais mes premières armes dans mon aéro-club, nous avions avec les copains la chance d’avoir une table de ping-pong au club, un baby foot dans le café du village à côté du terrain, et un avion de voltige dans le hangar. Après plusieurs années passées avec les copains à accumuler des heures de vol, de tennis de table et de baby-foot, un constat s’imposait : le podium était à peu près toujours le même quelque soit l’activité. Les meilleurs en voltige étaient les meilleurs au tennis de table ou au baby (pour un entrainement sensiblement équivalent).

Nous sommes plus ou moins habiles. Et lorsque nous parlons de pilotage, c’est la qualité de la coordination entre l’oeil et la main, et le dosage sur les commandes, dont il est question.

Bien entendu, ce retour d’expérience est certifié très solide et il vaut toutes les études du monde scientifique. Ne vous étonnez pas si les compagnies aériennes organisent un jour des tournois de baby-foot pour sélectionner leurs futurs pilotes.

Et alors que vous êtes passager dans un avion de ligne, vous apercevez par l’entrebâillement de la porte du cockpit un pilote en train de jouer au bilboquet ! N’ayez pas peur, il s’échauffe pour l’atterrissage (après avoir fracassé les deux FMS et le panneau supérieur).

Si malgré une pratique intensive vous êtes régulièrement « fanny » au baby-foot (vous ne marquez aucun but), attention aux atterrissages durs !

Duck landing

Ce constat est transposable à toutes les activités qui requièrent coordination et dosage. Évidemment, ceux qui ont « deux mains gauches » risquent de regarder les podiums de voltige de loin.

Mais tout n’est pas si noir.  Terminons par le plus important, ce niveau d’habileté progresse avec l’apprentissage. Ensuite, ce sont vos aptitudes personnelles, voir un talent particulier, qui serviront de catalyseur pour transformer cette apprentissage en kiss landing*.

* »Kiss landing égale atterrissage des ânes ». Mais c’est un autre sujet…

Livre 3D intel 3

 

Bons vols.

Photos : Daniel (excepté le canard).

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3 Comments

  1. Sylvestre Goux

    Il y a tout de même un bon dieu pour les nuls au flipper (la légende veut que le flipper ait été inventé pour sélectionner les pilotes de l’US Air Force). D’abord un peu d’entrainement vous fera très probablement progresser et c’est aussi le cas en pilotage. Ensuite les normes de certification imposent qu’aucune « habileté particulière » ne soit nécessaire pour piloter un avion certifié. Bien sûr le pilote certificateur tiendra compte de l’usage de l’avion (voltige de haut niveau, école, transport…) mais tout de même avec l’expérience adéquate aucun avion certifié n’est inaccessible. Ce qui changera peut-être c’est le temps de formation. Pour la compétition, et surtout en voltige, la sélection baby foot ou jeu vidéo est valable. Pour les autres activités aéronautiques la capacité à apprendre rapidement est plus utile, le pilote de chasse ayant sans doute besoin des deux. Je pense aussi que le pilote expérimenté aura très peu amélioré sa coordination oeil-main mais aura surtout acquis un bon « coup d’oeil », une bonne capacité à se situer dans l’espace, à y matérialiser sa trajectoire, à y juger de sa hauteur, tout ce qu’il faut pour se poser sans moteur sur l’Hudson.
    Evidemment mon point de vue est biaisé car je perdais toujours au pingpong, au babyfoot, au flipper, et si je détestais la compétition ça n’allait pas trop mal à l’école…
    Sylvestre

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  2. Denis Kientzel

    Et comment considérer, sous l’aspect coordination, le jeu d’échec en parties très rapides contre l’ordinateur ? En parties ultrarapides (dites « bullet -1 à 2 minutes-« ), l’œil intervient, la coordination œil main bien évidemment, mais peut-être aussi une utilisation plus intensive des facultés intellectuelles que pour le babyfoot ou le flipper, non ?

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  3. JG CHARRIER Author

    Il s’agit de deux capacités, ou habiletés distinctes. Un pilote doit posséder des habiletés manuelles et également des habiletés mentales ou intellectuelles. En parlant de voltige, je mettais en relief l’habileté manuelle. Mais un pilote, plus généralement, doit en effet se remuer les neurones. Les plus expérimentés font appel à des « schémas mentaux » issus de l’expérience, ce qui leur permet de trouver rapidement une solution face à un contexte particulier. Un pilote qui découvre un terrain est obligé de vérifier, analyser, réfléchir, pour s’intégrer correctement dans le circuit. Par contre, sur son terrain, tout est plus facile ; il possède ces fameux schémas mentaux. A vérifier, mais je crois que c’est également le cas des joueurs d’échecs qui en voyant le jeu reconnaissent une situation qu’ils ont en mémoire, ce qui leur permet « sans réfléchir » de jouer rapidement (à l’habileté manuelle près ! ).
    JG

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