INSTRUCTEUR

L’instruction, une course de vitesse

Le titre est provocateur, mais il correspond à une réalité.

Dans les programmes très cadrés, on pourrait croire que l’instructeur doit simplement dérouler la séance prévue, exercice après exercice. Il faut évidemment respecter le programme. Mais dans la réalité, notre objectif n’était pas de cocher des cases. C’était de tirer le maximum du stagiaire.

Quel que soit le niveau de l’élève, on cherchait à gagner du temps partout où c’était possible. Non pas pour accélérer la progression, mais pour multiplier les occasions d’apprentissage : un exercice ou deux de plus.

Une séance pouvait prévoir deux tours de piste après un travail en secteur. En rabiotant un peu partout, le temps gagné pouvait multiplier ces deux tours de piste par deux.

Le tour de piste est ici un exemple. À la fin d’un cursus, là où le programme prévoyait trente tours de piste, le stagiaire pouvait en avoir réalisé six ou sept de plus. Les deux 1000 ft standard se transformaient en quatre basse hauteur.

L’instruction est donc une course de vitesse, qui consiste à multiplier le couple stimuli-réponses.

La limite, c’est la zone optimale d’apprentissage. Il faut solliciter le stagiaire au maximum, mais sans le saturer. Si c’est trop facile, on perd du temps utile. Si c’est trop difficile, il subit.

Ce n’est pas une façon marginale de travailler. Beaucoup d’instructeurs fonctionnent ainsi. C’est une manière d’instruire : respecter le cadre, mais utiliser chaque minute disponible pour créer de l’apprentissage.

Jean-Gabriel Charrier