LE BLOG, PILOTE PRIVE

Plus que 10 minutes de carburant à bord – REX

Lorsque je reviens vers l’avion pour le vol retour, je constate que les organismes ATS comme le bureau météo sont fermés et j’apprends par des membres de l’aéroclub que le carburant est délivré par les pompiers de l’aéroport. Ayant trouvé le bâtiment SSIS fermé, je décolle pour effectuer une escale de ravitaillement sur un aérodrome pour lequel la carte VAC indique : paiement par carte H 24.

L’aérodrome de ravitaillement est couvert de stratus et l’atterrissage y est impossible. Je décide alors de faire un bilan carburant précis, en calculant d’abord la consommation horaire de l’avion d’après les vols précédents notés sur le carnet de route, et en appliquant cette consommation aux vols du jour. Ce qui me conduit à penser que la réserve est suffisante pour terminer le vol.

A quelques dizaines de kilomètres de l’arrivée l’alarme bas niveau de carburant s’éclaire. Je vérifie mes calculs, et poursuit le vol. Après l’atterrissage sur l’aérodrome d’arrivée, un plein de carburant est réalisé. Il s’avère que l’autonomie restante était inférieure à dix minutes de vol.

Nous étions attendus. Je pense cet élément m’a poussé à accorder plus de crédit aux calculs et à mettre en doute la pertinence du déclenchement de l’alarme bas niveau. A ce moment un déroutement était encore possible mais ensuite la prise de conscience d’un risque fort, à mi chemin de la destination et du déroutement à été trop tardive, il ne restait plus qu’à compter sur la bonne étoile.

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Analyse

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Le pilote, après son vol, a parfaitement identifié les facteurs qui l’ont poussé à poursuivre vers sa destination au lieu de se dérouter. Le premier facteur qui apparait clairement est la pression qu’il subissait : « Nous étions attendus ». Du coup sa décision a été polluée par un biais de jugement ; en l’occurrence une perception de la réalité qui l’arrangeait (autonomie suffisante), mais qui était erronée (autonomie insuffisante).

Un biais c’est, quand vous désirez faire quelque chose, la tendance à trouver toutes les bonnes raisons pour le faire, en occultant les facteurs qui ne vont pas dans le sens de ce que vous souhaitez.

La pression est un des premiers facteurs d’accident en aviation de loisir.

Un temps médiocre, un terrain à fort trafic, une autonomie de carburant insuffisante … Un pilote est confronté régulièrement à des aléas qui vont forger son expérience. Il doit alors veiller, lors de ces découvertes, ou de ces « premières fois », à ce que la marche ne soit pas trop haute.

Le pilote précise qu’il mettait en doute le bon fonctionnement de l’alarme bas niveau de carburant. Attention, certains facteurs critiques du vol ne doivent laisser la place à aucun doute, comme l’alimentation en carburant de votre moteur. Vous devez faire la différence par exemple, entre un doute sur l’évolution de la visibilité qui pourra entraîner un déroutement, et une incertitude sur le carburant restant qui entrainera une situation beaucoup plus inconfortable avec l’arrêt de votre moteur.

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Pour aller un peu plus loin

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La pression

L’évaluation des risques

Les risques

La première fois

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Retour d’expérience diffusé avec l’aimable autorisation de la FFA (REX n°5). Crédits photos : Daniel

Bons vols

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