RISQUES

Quelques chiffres qui pourraient vous surprendre

 

 

DSAC Accidentologie

 

 

Voici une vidéo ( https://vimeo.com/155647068 ) très intéressante de la DSAC sur l’accidentologie en aviation légère. Elle met en lumière le ratio décès/par nombre pratiquants, en incluant les deux roues motorisés comme valeur de référence (un niveau de risque qui nous parle). Nous découvrons, qu’1 pratiquant sur 5000 décède en moto chaque année, 1 pour 2600 en avion léger, 1 pour 10 000 en planeur, et 1 pour 333 en ULM. Si un de vos enfants vous tanne pour avoir une moto, et que vous lui offrez en contre partie un brevet ULM, en pensant préserver ainsi sa sécurité, c’est un (très) mauvais plan (5000/333 = 15 fois plus de décès en ULM qu’en moto).

Concernant l’automobile, près de 2/3 des français possèdent un permis de conduire, soit environ 40 millions de conducteurs. Pour environ 3500 tués par an nous obtenons un ratio, pour les seuls conducteurs, de 1 pour 11 500.

Lorsque nous effectuons une activité qui comporte des dangers, notre priorité est de préserver notre sécurité et donc de gérer les risques. Il existe une première solution pour nous prémunir des risques qui consiste à exécuter nos tâches suivant les bonnes pratiques qui nous ont été enseignées. Vous allez vérifier votre niveau d’huile, votre météo, voler à une hauteur raisonnable, etc.

La deuxième axe d’amélioration passe par la connaissance du niveau de risque de votre activité. Cette connaissance va agir sur votre comportement et donc sur la manière dont vous allez exercer votre loisir. Si vous partez voler en partant du principe que ce n’est pas plus dangereux que de rouler en voiture, votre discipline personnelle, votre niveau de vigilance, la rigueur avec laquelle vous allez vous acquitter de vos tâches, ne correspondront pas au niveau d’exigence d’une activité qui est finalement 5, 10, ou 30 fois plus risquée que l’automobile ! C’est ce que j’appelle un comportement de piéton.

Il existe des profils particuliers décris par Tony KERN, un spécialiste des accidents aériens, qui après en avoir étudié un certain nombre, est arrivé à la conclusion suivante : « Je ne sais pas quand surviendra le prochain accident, mais je peux vous dire qui « ! D’après lui, la plupart des accidents sont le résultat d’un comportement inadapté. Le pilote va prendre des risques en toute connaissance de cause. Le risque ne semble pas si important, mais combiné à une faible expérience, quelques aléas météorologiques, c’est bien le comportement qui est le facteur déclencheur d’un très grand nombre d’accidents ; on évoque alors l’imprudence. C’est le domaine de l’attitude, avec d’un côté une majorité de pilotes raisonnables, et de l’autres quelques-uns qui le sont beaucoup moins et qui vont faire gonfler les statistiques. Certains profils sont donc beaucoup plus accidentogènes que d’autres, quelque soit l’activité (une étude a démontré que les pilotes victimes d’accidents routiers sont plus souvent impliqué dans les accidents aériens).

Alain JAMET nous donnent plusieurs pistes pour réduire le nombre des accidents : éviter de voler seul dans son coin, ne pas sortir de son domaine de compétence, savoir prendre des décisions, et plus généralement ne pas se laisser embarquer dans des situations qui pourraient bien nous échapper.

Certains d’entre vous peuvent remettre en question la pertinence de cette comparaison moto et aviation légère, pourquoi pas, mais ces chiffres correspondent bien à une réalité, et c’est bien là le plus important. Les plus anciens d’entre-nous dans le milieu aérien connaissent cette triste comparaison, entre le nombre de personnes connues qui se sont tués en aviation et en automobile. Personnellement, je n’ai pas assez de mes dix doigts pour compter les premiers alors que deux me suffisent pour compter les deuxièmes.

Le Conseil Économique et Social a recommandé que les organisations en charge d’activités à risques communiquent auprès de leurs pratiquants sur ce niveau de risque. Dans le même esprit un juge a débouté un plaignant, victime d’un accident, en précisant que lorsque l’on effectue une activité qui comporte des risques, celui-ci est consenti. Bonjour Monsieur, je voudrais offrir un baptême de l’air en ULM à ma fille pour son anniversaire, est-ce dangereux ? Non, pas du tout, nous sommes autorisés par la DGAC…

Concernant les ULM, il s’agit avant tout d’une disposition réglementaire basée sur un critère de masse et n’on pas d’une activité particulière. La logique ne voudrait-elle pas, sans bousculer ces dispositions, que certaines activités soient gérées par les fédérations qui connaissent le mieux l’activité et donc ses risques. Les planeurs ULM seraient alors gérés par la FFVV, les avions par la FFA, etc.

Autres éléments sur le sujet : http://www.aerovfr.com/2016/03/accidentologie-les-chiffres-compares-2/

Bons vols

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11 Comments

  1. Nicolas Duboc

    Bonjour. Article intéressant mais je ne vois ni vidéo ni lien vers celle ci dans l’article. Juste une image qui semble être une capture. Un oubli ?

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  2. JG CHARRIER Author

    Bonjour Junker,
    Je n’ai pas précisément les chiffres concernant l’hélicoptère. Mais il semblerait que les choses s’améliorent, je parle au niveau international, ex : http://www.flyingmag.com/aircraft/helicopters/helicopter-accident-rate-drops-dramatically
    Il faut savoir que le milieu international hélicoptère est très actif en matière de sécurité, notamment en Europe avec avec l’IHST, en voici un exemple : http://essi.easa.europa.eu/ehest/
    Conclusion : Les accidents ne sont pas une fatalité ! Mais il faudrait toutefois vérifier les chiffres de plus près. Malheureusement, ces derniers sont le plus souvent bruts, sans ratio accidents/heures de vol.
    Jean Gabriel

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  3. P. Luc Jobert

    Bonjour.
    Ces chiffres nous ont été présentés lors de l’AG du CRA Bourgogne. Sur le plan régional, su 19 accident d’avions, d’ULM et de montgolfières (tout confondu) 1 seul accident concerne la pratique au sein d’un aéroclub (c’est toujours un de trop). Cette tendance se confirme-t-elle ailleurs ? Et si oui, n’apparaît-il pas que plus la pratique est encadré (planeur) moins il y a d’accidents et inversement ?

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  4. JG CHARRIER Author

    Oui, l’encadrement est un réel facteur de sécurité. Même s’il faut parfois relativiser son efficacité, nous savons que sur une même plateforme, d’un aéro-club à l’autre, le niveau de sécurité peut varier de manière importante, voir très importante. Dans tous les cas c’est un plus.

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  5. Jean-Marie Alard

    Bonsoir Jean-Gabriel. En effet, c’est très instructif, cette vidéo. Mais je prends en compte la précaution oratoire du début rappelant que les statistiques varient d’une année à l’autre. Cependant, il me semble que, sous l’impulsion de la Commission Formation et Sécurité de la FFVV alliée à la lecture de tes articles dans nos revues, sans oublier les fondations posées par Christian Vranken, en son temps, pour mettre au point nos REX en ligne, une culture de sécurité est en train de naître dans le monde du planeur, refoulant les vieux réflexes de « cacher et oublier » pour « débriefer et trouver une solution plutôt qu’un coupable ». Si les résultats 2015 se confirment, on pourra en tirer des conclusions sur le rôle d’un encadrement formé et impliqué sur l’accidentologie.
    Amitiés et merci encore.
    Jean-Marie

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  6. charrier

    Bonjour Jean Marie,
    Quand la perception de la sécurité n’est plus celle de la « contrainte », réglementaire ou autre, on est sur la bonne voie. La « culture de la sécurité » se traduit alors par un « climat de sécurité » synonyme de pratiques sécuritaires qui font partie du paysage et des bonnes pratiques. James Reason nous dit que la sécurité se gère avec les 3 C : des Convictions, des Connaissances, et des Compétences. Il précise également, à l’attention des organisations, que c’est un combat de tous les jours, sans fin, et qu’il ne faut donc jamais relâcher son énergie.
    Un truc qui pourrait t’intéresser 🙂
    http://www.mentalpilote.com/personnel-soignant-et-personnel-navigant/
    Amitiés
    Jean Gabriel

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  7. masse

    bonjour
    a cette occasion je découvre votre blog
    vous écrivez « … Dans le même esprit un juge a débouté un plaignant, victime d’un accident, en précisant que lorsque l’on effectue une activité qui comporte des risques, celui-ci est consenti …  »
    avez vous les references de ce jugement , qu’il puisse être mis en exergue pour les passagers ?

    J avais trouve sur un site au Quebec (les ailes québecoises ?) cet avenant aux vols il y a qqs années :

    Accord du passager Nom, adresse : ______________________________________
    Le soussigné comprend qu’il y a des risques de blessures et de décès lorsqu’on monte à
    bord d’un aéronef, accepte ces risques en prenant place dans l’aéronef privé __________
    et renonce à réclamer du pilote, du propriétaire de l’aéronef ou de leurs assureurs une
    indemnité pour toutes pertes ou dommages (corporels/matériels) reliés à l’utilisation de
    l’aéronef.
    Date : _____________ Signé : __________________________

    quelle valeur cela pourrait il avoir chez nous ?

    cordialement
    gad

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  8. JG CHARRIER Author

    Bonjour Gad,
    Voici les références demandées : ouvrage « L’archipel du danger » de Georges-Yve Kerven et Patrick Rubis, éditions Économica. Page 298 paragraphe 3.5.1. deux jugements : Cass.Civ.II. 20 novembre 1968 et Cass. Civ. II. 5 juin 1985. Il est précisé également, en l’absence de « faute démontrée ».
    Concernant ta question, je suis désolé, mais je n’ai aucune compétence en matière juridique.
    Jean Gabriel

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