
Une connaissance rarement enseignée
Nous avons appris les caractéristiques de la pseudo-adiabatique potentielle du thermomètre mouillé, les dimensions réglementaires des marques d’immatriculation de nos aéronefs, le mode d’alimentation de l’éclairage d’une issue de secours, et bien d’autres choses encore…
Mais il existe un autre domaine de connaissances qui nous est peu enseigné, voire pas du tout : celui de la complexité réelle des situations auxquelles nous sommes confrontés.
Il ne s’agit pas seulement de météo dégradée, de plateforme encombrée, de conditions givrantes ou d’un item de MEL difficile à interpréter. Il s’agit surtout de la manière dont nous devons gérer l’ensemble de ces tâches, avec leurs contraintes, en situation opérationnelle.
Cela concerne nos ressources, leurs limites, notre perception du métier et de ses risques, mais aussi la complexité propre à l’activité aéronautique, notamment la dynamique du vol. En pratique, nous devons en permanence gérer un compromis entre notre perception du risque, la réalité de ce risque et les décisions que nous prenons.
Prendre du recul sur le métier
Dans La conduite des systèmes à risques, René Amalberti détaille ces mécanismes. Ses travaux sur notre métier sont mondialement reconnus, notamment par la Royal Aeronautical Society et la Flight Safety Foundation.
Soyons honnêtes : ce livre ne se lit pas comme un roman. Mais si vous le lisez en faisant des parallèles avec votre propre expérience, il devrait vous intéresser. Surtout, il peut vous apporter une autre vision du métier.
Un exemple parmi d’autres : la notion de « goulet cognitif », autrement dit cette limite au-delà de laquelle notre capacité à traiter l’information devient insuffisante face à la situation.
Dans les années 1950, nos formations étaient essentiellement centrées sur l’avion. Par la suite, l’équipage et ses erreurs ont pris une place croissante. Aujourd’hui, on nous demande d’anticiper les menaces, avec le Threat and Error Management.
Le périmètre ne cesse donc de s’élargir… alors que le métier, lui, reste le même.
Ce livre permet justement de prendre du recul sur cette évolution et de mieux comprendre ce que signifie réellement conduire un système à risques.
Bons vols.



