
Face aux exigences de l’activité, la performance des pilotes l’équipage repose sur un facteur déterminant : la nature et l’intensité de sa motivation. Loin d’être un simple état d’esprit, la motivation agit comme un régulateur des ressources.
Nature de cet engagement
Deux nature de motivation :
La motivation externe, lorsqu’elle repose sur des régulations externes (statut social, rémunération, évitement des sanctions), assure un niveau de conformité procédurale minimal en situation nominale. Le problème, c’est que dès que la supervision s’estompe, le regard de l’autre disparait, ou que le stress augmente, la motivation extrinsèque montre ses limites.
À l’inverse, la motivation interne — soutenue par la recherche spontanée de maîtrise, la passion de la fonction, les valeurs d’éthique professionnelle — constitue un ancrage incomparablement plus solide. Elle offre une résistance accrue à la fatigue, à la charge de travail, et ne dépend d’aucun facteur de contrôle extérieur.
Une réalité
Les recherches menées en psychologie de l’aviation confirment que la nature de la motivation détermine directement la performance en vol. Les travaux de Hunter et Stewart (2012) sur les élèves-pilotes démontrent une corrélation directe entre un niveau élevé de motivation interne (intrinsèque) et le taux de réussite : les profils affichant un déficit motivationnel ou une régulation purement externe nécessitent significativement plus d’heures d’instruction pour atteindre les mêmes standards. La compétence technique brute ne suffit pas à compenser un engagement initial trop passif.
Autre approche de la motivation ici
Jean-Gabriel Charrier



