DÉCISION, LE BLOG, PILOTE PRIVE

Du mauvais temps sur la route.

c172

Revenant d’un voyage en Corse par Aix les Mille sur un Cessna 172, avec l’expérience de 150 h de vol, je me suis confronté au problème de devoir abandonner un avion et revenir en train car la météo n’était pas vraiment bonne, pas exécrable, mais pas bonne. Au moment de quitter l’avion, je vois une belle éclaircie dans la couche laissant apercevoir un ciel bleu attirant. Ni une ni deux, on redémarre et je spirale pour atteindre le niveau 125 (si mes souvenirs sont bons, ce vol remonte à bien longtemps). Le pied ! Au dessus d’une couche immaculée éclairée d’un beau soleil… j’avais décidé de passer par le Massif Central, sachant qu’à Paris la météo était bonne et que je n’aurais pas de problème pour descendre.

Sauf que, franchissant les contrefort du Massif Central, peu après Montélimar, la couche s’élève jusqu’au moment où un gros cumulus me barre la route. J’annonce au contrôle que je ne peux plus tenir les conditions VFR et que je fais demi tour. Les quelques secondes passées à établir mon diagnostic, et j’étais dans la purée de pois. Bon, avec un 180° je sortirai de ce nuage, sauf que je n’en suis pas sorti. Pour corser l’affaire mes deux radios sont tombés en panne en même temps (en fait, le micro s’était débranché) mais je gardais la réception et je pouvais entendre le contrôleur m’appeler désespérément (Il n’y avait pas de transpondeur à cette époque dans toutes les machines). Pendant une heure en condition IMC sans avoir la formation, je peux vous assurer que mes réserves d’adrénaline ont été vite épuisées, jusqu’au moment où je captais une conversation radio (il me restait la réception) disant qu’au dessus de la balise de Montélimar, c’était dégagé à 4000 pieds.

La vision du plancher des vaches a été le réconfort que vous pouvez imaginer et je me suis précipité sur le terrain de Montélimar pour un atterrissage sans radio…remise de gaz au dernier moment en raison d’un troupeau de moutons qui traversait la piste en herbe. Le bilan ? Une succession de mauvaises interprétations des messages météo, associé à un manque d’expérience et à un optimisme démesuré. J’ai considéré cette expérience comme un dernier avertissement sans frais et n’ai plus retouché à un manche, ce qui me permet de vous raconter cette histoire.

Il y a le passage involontaire au delà des limites et la violation délibérée. Il y a aussi un excès d’optimisme dans l’interprétation des éléments de vol.

***

Ce récit nous a été envoyé par Michel lorsqu’il a découvert ce blog. La météorologie est et restera toujours une des principales difficultés pour les pilotes qui pratiquent le vol à vue.

Pilote, méfiez vous de votre optimisme.

Bons vols

Article précédemment publié en janvier 2011.

Logo Mentalpilote Rouge

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *