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De la Culture de la Sécurité au Professionnalisme

Depuis quelques années nous entendons parler de plus en plus souvent en aéronautique de la Culture de la Sécurité. Voici quelques lignes sur ce sujet qui est vaste.

La culture de la sécurité est un concept qui définit les valeurs partagées, les croyances, sur la gestion des risques par une organisation ou un groupe de personne. Elle est intimement liée à l’organisation et à son management. Elle met l’accent sur la contribution de chacun à tous les niveaux de l’organisation. Elle influe sur les comportements. Elle reflète la volonté de l’organisation à tenir compte de ses erreurs. Ses valeurs ont une grande résistance aux changements organisationnels.

Voici deux autres définitions tirées d’un cours OACI :

« La culture indique comment nous devons nous comporter dans des situations normales et anormales. La culture influence les valeurs, les croyances et les comportements que nous partageons avec les autres membres de nos divers groupes sociaux ». « Les comportements établissent le lien entre la culture et les pratiques des individus qui conditionneront la performance de la sécurité ».

Cette culture de la sécurité peut objectivement se mesurer avec les trois composantes suivantes, qui donnent alors également une mesure prédictive du risque :

– Tout d’abord il y a les données factuelles, comme la politique, les procédures, les pratiques. Un Système de Gestion de la Sécurité peut les mesurer.

– Il y a ensuite les comportements, c’est à dire la manière dont les personnes effectuent leur métier. La mesure passe par l’observation. LOSA (Line Operations Safety Audit) effectue ce genre de mesure.

– Et enfin le climat de sécurité qui est un facteur plus psychologique sur le ressenti des personnes. La mesure s’effectue en général avec un questionnaire.

A l’issue de ces trois évaluations des corrélations peuvent être effectuées pour aboutir à un indicateur de prédiction du risque dont le résultat est donc conditionné par le niveau de culture de sécurité de l’organisation. La culture de la sécurité ne s’instaure pas, par contre il existe des processus de management pour la diffuser, ou la faire évoluer.

Culture : Les experts établissent une relation étroite entre l’efficacité d’un Système de Gestion de la Sécurité et le niveau de culture de la sécurité de l’organisation.

Sécurité : James REASON expert en sécurité aéronautique quand il parle de sécurité évoque les trois mots suivants : Conviction, Connaissance et Compétence, les 3 C.

Ces deux considérations sur la Culture de la sécurité, nous permettent une analogie avec un circuit hydraulique dont la fonction est de faire bouger les choses :

Dans ce circuit les tuyaux seraient le Système de Gestion de la Sécurité, le management serait la pompe, le niveau de culture de la sécurité serait la pression, et les 3 C le liquide. La commande à faire bouger étant le niveau de sécurité.

Mettre en place une tuyauterie supplémentaire sans pression ou avec une pression trop faible ne marchera pas. Avec beaucoup de pression mais peu de liquide ça ne fonctionnera pas bien non plus. La remarque des experts c’est que le challenge d’un SGS ce n’est pas sa tuyauterie, mais ce qu’on y fait circuler : mettez de la purée dans un circuit hydraulique et vous verrez le résultat !

Cette réflexion ne s’applique pas qu’aux Systèmes de Gestion de la Sécurité. Il existe beaucoup d’autres processus (tuyauteries) tels que règlements, systèmes qualité … qui donnent des résultats très variables suivant les organisations malgré leur standardisation.

Les tuyaux c’est bien et nécessaire, mais il nous faut les alimenter.

En tant que pilote quelles sont nos convictions, nos connaissances et nos compétences ? Elles conditionnent notre professionnalisme et donc notre performance : train sorti 3 C, pardon, 3 vertes.

Si vous voulez aller plus loin, voici le Manuel de Gestion de la Sécurité de l’OACI, page 4-11 :

http://www.icao.int/osg/isd/afi/Reference%20Material%5CSafety%20Oversight%20Manuals%5CSafety%20Management%20System%5CSMS%20Manual.pdf

Bons vols

One Comment

  1. emanuel

    Il y a nécessité d’une meilleure prise en compte des aspects comportementaux dans une démarche globale de prévention : cela vise à créer une culture de sécurité au travail affermie, en développant la sensibilisation des employés aux risques, leur responsabilisation et leur implication.
    En effet, une prévention efficace des risques professionnels doit nécessairement prendre en compte le facteur humain et cet aspect n’est pas toujours suffisamment considéré par les préventeurs ; l’analyse comportementale est négligée souvent au profit de l’analyse de prévention traditionnelle, seulement technique et organisationnelle. Pourtant, l’implication des employés est à la base de la culture sécuritaire : leurs comportements à risque sont à la source d’accidents : » La culture de sécurité au travail » : http://www.officiel-prevention.com/formation/formation-continue-a-la-securite/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=139&dossid=555

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