
Mentalpilote se diversifie avec HOLD, une autre facette de nos compétences, mais cette fois-ci techniques. L’accès à HOLD se fait après une simple inscription. Plusieurs scénarios sont disponibles gratuitement une fois le compte créé. J’espère que vous y trouverez de quoi réfléchir, apprendre, et vous amuser un peu aussi. Si vous pilotez, vous devriez pouvoir utiliser l’interface sans trop de difficultés. Sinon, vous ouvrez la rubrique Apprendre / Découverte de l’interface.
On commence ici avec une double panne moteur sur un A320 dans la rubrique Scénarios / Challenges.
Le 24 août 2001, le vol Air Transat 236, entre Toronto et Lisbonne, subit une fuite carburant au-dessus de l’Atlantique.
À bord : plus de 300 personnes.
Après l’extinction des deux moteurs, l’équipage, commandé par Robert Piché, décide de se diriger en vol plané jusqu’à la base de Lajes, aux Açores.
Pendant près de 19 minutes, l’équipage gère l’altitude, le temps, l’énergie et la trajectoire. Trop haut à l’arrivée, il effectue un 360°, puis des virages en S, pour perdre l’excédent d’altitude avant l’atterrissage.
Dans cet exercice, nous allons reprendre exactement le même profil de vol, dans un format court (10 mn), mais en temps réel.
Vous êtes aux commandes d’un avion de ligne biréacteur, avec environ 150 personnes à bord. À la suite d’une fuite carburant, les deux moteurs se sont éteints.
Dans le scénario, les moteurs ne sont pas réellement coupés : ils sont réduits au ralenti. Mais dans cette configuration, les paramètres de vol de l’application correspondent à ceux d’un avion confronté à une double panne moteur. La situation est donc représentative d’un vol sans poussée.
L’exercice repose sur une logique simple : altitude, taux de descente, temps. À partir de votre altitude et du vario, vous estimez le temps disponible avant d’atteindre le sol, puis vous construisez votre trajectoire en conséquence.
Exemple : à 15 000 ft avec un taux de descente de 1 500 ft/min, vous disposez d’environ 10 minutes de vol. Cette valeur permet après avoir évalué votre position par rapport au terrain choisi, d’adapter votre trajectoire.
L’approche est guidée. Vous ajustez votre trajectoire pour rejoindre le terrain en gérant en permanence le couple altitude / temps. L’objectif est d’arriver en finale à la bonne altitude pour vous poser sur le terrain choisi.
Il s’agit ici d’un exercice de gymnastique mentale, et non d’une procédure.
Le couple altitude / taux de descente n’est pas la seule façon de raisonner. On peut aussi utiliser une approche avec la distance de vol plané. Sur un avion de type A320, à une vitesse proche de la finesse maximale, l’ordre de grandeur est d’environ 2,5 NM pour 1 000 ft, soit 400 ft/NM. Cela correspond à une pente d’environ 6 à 7 %, ou à une finesse équivalente proche de 15.
À 210 kt, le virage au taux standard n’est pas applicable dans cet exercice.
On retiendra donc une valeur pratique de référence : environ 2 000 ft perdus pour 180° de virage, ou 4000 ft pour un tour complet.
On cherchera volontairement à arriver un peu haut en finale. C’est une marge de sécurité : si l’avion est trop haut, on pourra encore augmenter la traînée avec les speedbrakes, les volets ou le train. Trop bas, en revanche, il n’y a plus de solution.
Points clés
Raisonner en altitude restante et en temps disponible
Retenez trois ordres de grandeur : en ligne droite, vous perdez environ 1 500 ft par minute ; en virage, la perte augmente et se situe plutôt autour de 2 000 ft par minute ; en finale, on peut raisonner autrement, en estimant environ 400 ft perdus par nautique parcouru.
En l’absence de poussée, conserver l’assiette, ne cherchez pas à la modifier pour affiner la vitesse.
Configuration
Moteurs : ralenti
Vitesse : finesse max 210 kt
Altitude du terrain : niveau de la mer
Bons vols
Jean-Gabriel Charrier


