CULTURE DE LA SÉCURITÉ

Les limites du règlement

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Les autorités du Montana ont décidé, en l’absence de limitation de vitesse sur les autoroutes, de la limiter à 80 Mph. Pendant les deux années qui ont suivi, les accidents mortels ont doublé  !  

Dans le cadre de la conduite automobile, les dangers sont faciles à percevoir et laisser le soin au conducteur d’adapter sa conduite, en l’occurrence sa vitesse à l’environnement du trafic est plein de bon sens : un jour il roulera plus vite et un autre moins. Il saura adapter sa conduite à un environnement particulier, comme majorer ses espacements sur une route glissante. Avec une limitation, il se sent protégé et il roule plus facilement à la vitesse limite quelles que soient les conditions.

En aviation de loisirs, en l’absence de radar, de procédures, d’équipements, de qualifications … la conscience des risques devient primordiale. Et effectivement, le pilote adapte ses pratiques à son environnement. Le pilote d’avion ne part pas en navigation avec 3000 m de visibilité. Le pilote de planeur reste en vol local quand le plafond est bas.

En exploitation professionnelle, l’activité se complexifie, et le niveau d’exigence de la sécurité nécessite de nombreux processus de gestion des risques. Les règlements définissent alors des cadres robustes de pratiques basés sur des années d’expérience et la standardisation des méthodes … Ils sont efficaces.

Si entre ces dans ces deux extrêmes il existe un équilibre judicieux, dans tous les cas le contenus des règlements doit être en adéquation avec la réalité des risques. Et quand le règlement s’avère être un processus de normalisation des règlements européens, comme le FCL, nous constatons que les référentiels s’épaississent, mais sans améliorer le niveau de sécurité (étude CAA britannique).

Le pilote peut se retrouver alors engoncé dans des pratiques ou des obligations qu’il ne comprend pas. Cela discrédite un peu le bien fondé des normes, et par manque de recul, ou par réaction certains peuvent jeter un peu vite le bébé avec l’eau du bain : les règlements ne servent à rien, ce sont des contraintes inutiles !

Les règlements sont nécessaires, mais ils possèdent des limites dans leur efficacité, et ils peuvent avoir des effets pervers. Une réglementation inadaptée ou très contraignante, parfois synonyme d’infantilisation, entraine une dégradation des comportements adaptatifs (ex. du Montana). Quand elles ne sont alors pas suffisamment sollicitées, ces capacités adaptatives ne se construisent pas ou se dégradent si elles existaient auparavant. Or, celles-ci sont particulièrement importantes dans des activités à risques où les contextes sont très variés et souvent exigeants.

Bons vols

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